Quelle légitimité pour le nouveau Président

Cette longue série de campagnes électorales, Mélenchon depuis deux ans, Macron depuis un an, les primaires de Droite, des Verts puis de Gauche, qui fut pleine de trahisons, de coups bas, de graves rumeurs, de mise en doute du pouvoir judiciaire, a surtout été dominée par les médias audio-visuels.

Georges Giacomotto

Finalement c'est bien Macron, le candidat de ces médias et de leurs financiers qui a été élu au terme d'une campagne préparée, organisée pour lui en détail plus d'un an avant et lourdement financée,( un financement dont nous ne connaissons pas l'origine.)

Cette longue campagne a désespéré bien des citoyens français par ailleurs trop conscients de la dure réalité quotidienne, de la dégradation de notre société, de notre économie, du chômage, du coût de la vie insupportable pour beaucoup et de la terrible dette du pays.

En fait cette élection, "par défaut" pour beaucoup de votants n'apporte pour l'heure aucune solution. Pour que le président puisse gouverner il faudrait qu'une majorité parlementaire sorte des urnes des prochaines élections législatives, sauf pour lui à diriger par ordonnances, ce qui provoquerait des troubles importants. Monsieur Macron avec un programme plus volontaire que précis, mais qui accélère la dissolution de la Nation Française dans la Fédération Européenne et la zone euro, acceptera demain toutes les règles et traités de libre-échange que les français ne veulent pas.

N'oublions pas que sur les 11 candidats du départ, 9 étaient contre la dictature technocratique de Bruxelles pour revenir à une Europe des Etats. Si nous nous souvenons du référendum populaire et anti-européen de 2005, nous pouvons écrire que la majorité des français est pour cette recherche d'indépendance nationale et contre la position exprimée par le candidat d'EM.

D'autre part, le nombre de voix obtenu par le nouveau président confirme cette opposition et la faiblesse de sa légitimité électorale, La France compte plus de 51 millions d'habitants en age de voter dont 47,5 sont inscrits sur les listes électorales: 90%. L’absentéisme atteint 16% qui ajoutés aux 8,8% de nuls laissent 31,4 millions millions de votes exprimés, dont 20,7 vont à Macron et 10,7 à Marine Le Pen.

Ce qui signifie que Macron a été élu dans les grandes villes par 40% des Français majeurs, dont la moitié sont des opposants politiques venus du LR ou du MODEM, voir anti européens comme les Mélenchonistes qui ne voteront pas pour lui aux législatives, et que le FN est devenu le premier parti de France.

C'est dire déjà que l'opposition à la politique pro-européenne du Président va encore augmenter dans les mois à venir, privant ce jeune Président d'une réelle légitimité.

De plus les opposants reviendront rapidement sur son élection, sur les financements énormes dont il a pu disposer, sur l'incroyable soutien médiatique, écrasant pour ses adversaires, assommant les téléspectateurs et les lecteurs de magazines de photos commentaires et sondages favorables. Nous reparlerons de "l'Affaire FILLON" qui se confirme n'avoir été qu'une rumeur lancée par le pouvoir et peut-être bien organisée par Mr Macron.

Les français s'étonnent déjà des étonnantes conjonctions des soutiens financiers avec les banques, avec Mr Arnaud LVMH et BFM, les propriétaires des médias, télévisions, instituts de sondages, presse nationale et régionale: Le Monde, Libération, Le Parisien.

Cette élection pose trop de questions, et surtout n'aura été obtenue que par l'invention d'un prétendu Front Républicain contre le FN désigné il y a 40 ans par F. Mitterrand comme bouc émissaire des problèmes nationaux et pour paralyser la Droite.

Ne nous trompons pas, le FN dans une opposition forcée et diabolisée est devenu le parti des travailleurs, des paysans, de tous les déçus du communisme et du socialisme. Il est devenu le parti populaire de France, et la Droite comme la Gauche sont aujourd'hui condamnés à se reconstruire. La Droite peut se consolider derrière Nicolas Dupont-Aignan, voire s'entendre avec le FN et le réintégrer dans le jeu politique normal, mais la Gauche, surtout celle qui suit Mélenchon, ne se joindra pas au "mouvement de Macron" qui, comme Hollande, est condamné à une fuite en avant vers l'ubérisation de notre société, l'Europe et le Mondialisme.

Nous regarderons bientôt son programme, qui heurte déjà tous les retraités de France (17 millions) déçus par leurs pensions et qui n'acceptent pas le projet d'augmenter de 1,7% le taux de CSG des retraites.

Nous prendrons ainsi date sur ce programme mais ensuite nous nous occuperons des élections des Députés qui vont retrouver avec délice, je le crains, leur forme de pouvoir dans une chambre introuvable très divisée.